Si peu…

Si peu de notes suffisent…pour tout dire, comme parfois si peu de mots…

Quelques fois, que dire ?
Rien.

« Ecoute le vent, il chante. Ecoute le silence, il parle. Ecoute ton coeur, il sait. »
Proverbe amérindien .


Johannes

En temps « normal » il m’arrive souvent de penser à tous ces milliards de gens que l’on ne connaîtra jamais… ainsi qu’à ces quelques personnes que l’on croise, puis qui disparaissent en nous laissant ce goût de trop peu. Qui est-il/elle qui nous a fait vibrer sans que l’on on ne sache jamais pourquoi ? Comme un reflet de lumière dans une fenêtre qui s’ouvre ou qui se ferme. Fugasse, souvent. Insistant parfois.

En ce temps de confinement, comment ne pas penser sans cesse à ceux que nous aimerions avoir en face de nous, aux échanges de regards, de sourires, de tendresse avec nos proches, familles, amis, connaissances, collègues, et autres accompagnants plus précieux qu’on ne le croit ?

Et puis, puisqu’on a le temps, pourquoi ne pas penser à tous ces gens qui ont existé avant notre passage sur terre ? Qui voudriez-vous connaître ? Si je pouvais choisir de rencontrer l’une de ces personnes, sans hésitation aucune, je choisirais Johannes. Johannes Brahms. Parce que sa musique me parle, me remplit, me traverse, fait vibrer la moindre de mes cellules. Mais aussi parce qu’à travers sa musique, c’est l’homme que je suis curieuse de connaître. Quand j’écoute et je joue sa musique, c’est son coeur que je devine, c’est « sa » voix d’homme que j’entends. La sienne, ou la mienne, ou celle de l’univers …comment savoir ? Cela ne garantit pas que je sois digne de partager sa musique, que mon interprétation soit fidèle à ce qu’il était ou à ce qu’il y a mis. Mais cela me donne quelques fois l’impression qu’il respire avec moi lorsque ses notes émergent de mon piano. Cette sensation est l’une des plus précieuses que je connaisse. Enregistrer Brahms est bien plus difficile pour moi que d’enregistrer Debussy. Parce que cette musique est un dialogue plus qu’un récit, un dialogue avec la présence des autres, ceux qui écoutent et renvoient l’énergie des vibrations reçues, et que dialoguer avec un téléphone accroché avec un élastique n’est pas vraiment un échange. Alors, tant pis. Ce sera différent au prochain concert post-confinement ! et j’espère que vous serez là pour partager avec moi les merveilles de mon si cher Johannes dans un temps pas trop lointain.


Mélancolie…

…d’un soir de confinement. Quelle merveille cette courte pièce d’Alexander Scriabine. Et quelle chance qu’il l’ait écrite. Je me sens comme une « passeuse » privilégiée, une « traductrice », je pourrais même dire… une interprète ?, entre cette musique qui parle à mon coeur, et celles ou ceux qui entendront ces « mots » à travers mon piano. Cette place-là, c’est bien la mienne assurément. Enfin, je crois…


Conditions très « spéciales » (encore ? déjà?)


Il faisait 5 degrés dans la cathédrale ce jour-là. Sept braves personnes sont venues nous écouter. Je suis la seule à avoir eu un public nombreux puisque les courageux choristes du Choeur Lacordaire, dirigés par Martine Migliaccio, m’ont écoutée religieusement, sans trembler (ce qui est un véritable exploit par ce froid !). Tenue de concert, pull, doudoune, écharpe et doigts gelés n’ont pas empêché la magie du lieu, du moment, des circonstances, de nous accompagner tout au long de ce concert givré.

Version de concert pour ces « Poissons d’or » de Claude Debussy .


Vous avez dit « confinement » ?

Depuis chez soi. Du temps, mais pas de matériel. Un programme, mais pas de public. Un piano tout vieux et fatigué et un son de téléphone tout métallique. Qu’à cela ne tienne, c’est un bon exercice pour moi que ces enregistrements sans retouches ! et peut-être de quoi vous donner l’occasion de vous échapper un peu de ce quotidien très spécial avec ces pages merveilleuses de Debussy …

Debussy Images 2ème cahier 1/3
Debussy Images 2ème cahier 2/3
Debussy Images 2ème cahier 3/3


Noël avant l’heure

Ce week-end, mes élèves, petits et grands, m’ont offert le plus beau des cadeaux: 2 auditions merveilleuses, où chacun a rassemblé tout ce dont il est fait pour donner le meilleur à l’instant T devant des parents émus et moi-même , à la fois émerveillée et confortée dans mes croyances : l’approche bienveillante que Jean Fassina m’a révélée et leurs capacités chaque fois un peu plus évidentes ont créé une alchimie infiniment touchante. Merci à Adrien, Ana, Anouk, Athéna, Elliot, Eric, Hanaé, Hortense, Josiane, Lili, Louka, Margaret, Olivier, Tom pour ce Noël avant l’heure !


Le duo Kosmos : 20 ans !

En concert ce dimanche 1er juillet à Zürich. Au programme de ce jubilé : Poulenc, Lutoslawski, Bruch et les Fantasiestücke op 73 de Schumann.

      Duo Kosmos Schumann op 73 III extrait

Kammermuzik mit Klarinette 2003 DORON DRC 5021

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